Retour sur la Crise Économique de 2008



La crise économique de 2008 a été amorcée par l’endettement des Américains qui contractaient de plus en plus prêts hypothécaires à risques dits subprime. En fait l’encouragement de ce type de prêts est dû principalement à la baisse des taux directeurs de la Fed à 1 %, une politique qui aurait conduit à un boom insoutenable. Cependant, d’autres facteurs ont contribué dans la détérioration de la situation, notamment la non-régulation des produits dérivés, la forte titrisation des banques, la défaillance des régulateurs à corriger les problèmes économiques, la difficulté d’évaluer les risques présentés par le marché américain par les agences de notation. Notamment, suite au déséquilibre de la balance commerciale aggravé par les emprunts contractés par les des États-Unis auprès de la Chine, les pays producteurs de pétrole et le Japon.

Crise économique 2008
GNU Brendel

De même le taux d’inflation a atteint des niveaux alarmants dans de nombreux pays notamment exportateurs de pétrole du fait qu’ils « stérilisaient » les devises étrangères. Ceci s’explique par le fait que les rentrées des exportations pétrolières exprimées en devises étrangères servaient à accroitre la masse monétaire qui ne trouvait pas sa contrepartie en biens et services.

Les conséquences à court terme de la crise économique de 2008

Les premiers symptômes de cette crise économique se sont manifestés par une récession qui résulte d’un déclin significatif de l’activité économique. Une situation perdure pour plusieurs mois et la gravité est perceptible à travers les indicateurs de production, d’emploi, de revenu entre autres. D’ailleurs dans les pays de l’OCDE, le nombre des sans-emplois a atteint des records avec 34 millions chômeurs recensés à l’automne de 2008. Ceci va se faire ressentir sur les revenus, et par ricochet sur la consommation, l’épargne et les investissements.

Le ralentissement de l’activité économique qui a marqué les États-Unis et l’Europe s’est étendu à d’autres pays du globe par le biais des importations et la réduction des flux d’investissements. Les choses ne s’arrangeaient guère avec la baisse des cours des matières premières notamment le pétrole, en plus des... problèmes du système bancaire et la précarité de plusieurs monnaies. Chose qui a aggravé le problème, basculant d’une crise financière à une crise monétaire. L’exemple le plus marquant ici est celui de l’Irlande qui s’était lourdement endettée à l’international en monnaie étrangère, ce qui a rendu la monnaie nationale extrêmement vulnérable et plus sujette à une dépréciation.

On a constaté une baisse de régime dans les activités maritimes, due principalement à la difficulté d’obtenir des lettres de crédit par les exportateurs. Au moment même où les concentrations et les absorptions des établissements financiers se multiplient suite à cette crise.

Les conséquences à long terme de la crise économique de 2008

Si au niveau mondial l’impact a été immédiat, les répercussions se sont prolongées au-delà de 2008, l’instabilité du secteur bancaire a affecté grandement le secteur des exportations, ce qui a amené à un ralentissement de la production des pays notamment industrialisés orientés plus vers l’exportation. La preuve le ralentissement de la production industrielle dans de nombreux pays soit 31 % en Grande-Bretagne, 26% au japon et 14 % en Allemagne. Par conséquent, la balance commerciale et celles des paiements des années suivantes ont été gravement déséquilibrées, chose confirmée d’ailleurs en 2009 puis en 2010.

Le coup de massue, qu’a subi l’industrie dans de nombreux pays, a encouragé des investisseurs privés du Moyen-Orient et d’Asie à acquérir des parts dans les productions européennes et américaines à des prix assez bas. Une telle situation risque de chambouler les forces économiques dans les années à venir. Déjà le Japon a perdu sa deuxième en tant que puissance économique mondiale en faveur de la Chine, qui risque de détrôner bientôt les États-Unis de sa position de leader sur l’économie mondiale. D’un autre côté, des théoriciens évoquent déjà la fin de la mondialisation pour un retour vers le protectionnisme afin de sauvegarder l’économie locale des fortes variations de l’économie mondiale.

Au niveau social, les chiffres annoncent 20 millions de personnes qui ont perdu leurs emplois entre 2008 et 2009 et les pertes ont atteint les 42 millions en 2010. Pour résorber ce chômage massif, il faut restructurer les économies et gréer encore plus d’emplois. Sinon on craint une catastrophe sociale mondiale, dont les prémices se sont ressenties en 2008 et dont les répercussions se sont manifestées par les contestations et les troubles qui ont marqué le monde en 2011. En plus dans l’absence ou la baisse de revenus, la consommation chute et touche l’ensemble des secteurs comme le tourisme, vu que la plupart des gens ne possèdent plus les moyens pour les dépenser en loisirs.

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