La Situation en Tunisie – La Révolution du Jasmin (2011)



Tunisie, les dés sont désormais jetés. Le président Zine el Abidine Ben Ali qui a été à la tête du pays pendant 23 ans a quitté le pouvoir. C’est désormais Mohammed Ghannouchi qui tient les rênes du pays, même si ce dernier et son gouvernement sont vivement contestés sur le terrain.

Situation en Tunisie

Photo sous Licence Creative Commons par magharabia

Dans les faits, les émeutes ne sont toujours pas maîtrisées alors que l’ex-président s’est déjà enfuit. Alors que penser de la Tunisie ? Pays démocratique qui continue sur la même voie ; dictature qui s’apprête à devenir une démocratie ; ou dictature où rien ne changera ? Le continent africain est malheureusement encore le berceau de plusieurs pays qui refusent la démocratie. La Tunisie va-t-elle le devenir ? Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’avenir....

Violence, chaos, de nombreux morts,… ce scénario aurait-il pu être évité ? Certains observateurs pensent que oui. Ils estiment que le grand coupable de la chute de l’ex-président Ben Ali fut Wikileaks, par la succession de révélations concernant les correspondances diplomatiques du dirigeant. Cela peut paraître exagéré, mais c’est en partie vrai. Ce n’était un secret pour personne que le président et sa famille commettaient des malversations. Cependant, c’est une chose de colporter des on-dit, mais c’en est une autre de voir des preuves si clairement affichées.

En fait, avant de comprendre si la Tunisie se dirige vraiment vers une démocratie florissante, essayons de faire une rétrospective des évènements. Son départ du pouvoir, Zine el Abidine Ben Ali le doit à un jeune homme de 26 ans particulièrement désespéré, du nom de Mohamed Bouazizi. Le 17 décembre 2010, ce marchand de fruits ambulant qui travaille sans permis voit sa marchandise confisquée par la police. Dans le désespoir, ce jeune s’immole publiquement par le feu. Il faut croire, sachant l’ampleur de la réaction du pays suite à ce geste, que sa détresse a fait écho à la détresse de tout un peuple qui survit au lieu de vivre depuis déjà des années. Le pire est le décalage entre les difficultés du peuple et la facilité de la vie de ses dirigeants. Par exemple, le beau-frère du président qui est accusé de vol de bateau n’est même pas inquiété et son dossier est clos. Alors oui, il est certain que ce peuple veut davantage : il veut être libre, il veut vivre normalement.

Toutefois, est-ce que le départ de Zine el Abidine Ben Ali va suffire à résoudre ce problème ? Ce n’est pas évident, car le gouvernement actuel est jugé trop conservateur, malgré l’intégration de quelques opposants… en bref, rien n’a changé. Il ne s’agit que d’un gouvernement provisoire et des élections seront bien entendu organisées, mais est-ce que cela changera quelque chose à la situation ? Il ne faut en effet pas oublier le poids des islamistes radicaux que, quoiqu’on en dise, Zine el Abidine Ben Ali savait particulièrement bien maîtriser. Si les futurs gouvernements ne parviennent pas à maîtriser leur influence, on peut s’interroger sur leur capacité à apporter à la Tunisie la liberté, la paix et la démocratie à laquelle elle aspire tant. Il est vrai, et c’est un signe très positif, que les opposants qui étaient jusque-là interdits de séjour sur le sol tunisien peuvent enfin revenir dans leur pays, mais la question est de savoir si cette euphorie du moment s’achèvera comme un conte de fées. Seul le temps nous le dira.

Commentaires

Une Reponse a “La Situation en Tunisie – La Révolution du Jasmin (2011)”

  1. Mfourou le janvier 22nd, 2011 1:29

    laissons aux occidentaux que la démocratie est encore un vain mot pour les dirigeants du conti,ent africain. comment comprenvdre les memes présidents qui arrivent au pouvoir comme des soidisants sauveurs de peuples sont les memes qui décident du jour au lendemain de s’éteniser au pouvoir. quel pays démocratique pour un président qui fait plus de 20ans à la tete d’une nation?moi je dis c’est malheureux et triste pour le continent africain.

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