Y a-t-il trop d’aide humanitaire en Haïti?



Ces derniers temps, certains intellectuels et journalistes affirment que le surplus d’aide humanitaire à Haïti est en train de nuire au développement et à la reconstruction du pays. Mais les besoins restent énormes dans un pays où presque toutes les infrastructures ont été détruites et où près de 300 000 personnes ont perdu la vie.

Aide Humanitaire Haiti
Largages d’aide humanitaire dans la banlieue de Port-au-Prince à Haïti le 18 janvier 2010. Des actifs du Ministère de la Défense des États-Unis ont été déployés pour aider à l’effort de secours en Haïti suite à un séisme de magnitude 7 qui a frappé la ville le 12 janvier 2010. (US Air Force photo sous domaine public / Tech. Sgt. James L. Harper Jr.)

A cause de l’importance du séisme, du nombre de morts et de la visibilité médiatique dont a bénéficié Haïti, le pays a reçu un nombre record de dons et de promesses de dons. Mais aujourd’hui l’économie Haïtienne reste toujours très dépendante de l’aide étrangère et a beaucoup de peine à se relever. Certains économistes craignent le développement d’une économie de mendiants.
Aujourd’hui encore, beaucoup de médecins et ingénieurs Haïtiens continuent de travailler pour les ONG car celles-ci leur assurent un salaire plus important et car en parallèle, le gouvernement ne leur offre aucune garantie. Dans le contexte de crise en 2010, tout le monde trouvait normal que ces « élites intellectuelles » soient récupérées par les ONG pour pouvoir effectuer leur travail, mais à mesure que les mois passent, les organismes sur place commencent à devenir des compétiteurs face à l’état haïtien qui n’a rien à proposer à ses fonctionnaires.


Photo sous Licence Creative Commons par Marcello Casal Jr

Beaucoup d’ONG ont récolté d’importantes sommes d’argent pour la construction d’habitations et d’abris pour les haïtiens.... Certaines de ces habitations temporaires risquent fortement de rester de façon permanente sur place. Or, même si certaines d’entre elles peuvent supporter les tremblements de terre et ouragans à venir, d’autres sont construites sur des terrains privés ou ne correspondent tout simplement pas aux conditions de la région. On peut craindre une ghettoïsation de certains quartiers, voir une grande détérioration des habitations une fois leur durée de vie achevée, même si d’ici là elles abriteront toujours des personnes.

C’est ici qu’on constate les limites de l’aide humanitaire en Haïti, qui doit envisager une transition avec les pouvoirs sur place. Bref, ce dont Haïti a désormais réellement besoin, c’est d’un plan de relance économique sérieux à la manière du Plan Marshall en France d’après guerre. Et les haïtiens devront mettre la main à la pâte, s’ils veulent se réapproprier ce si beau pays qui est le leur.

Pour la suite, si le gouvernement haïtien souhaite reprendre contrôle de son pays et de son économie, il devra faire preuve de leadership mais aussi d’ouverture et de transparence, sans quoi il n’aura jamais la confiance de son peuple si durement atteint.

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