Le régime politique iranien peut-t’il évoluer ? (1/2) : aux origines de la République islamique

1 octobre 2008

Au delà des caricatures, l’Iran d’aujourd’hui peut se présenter moins comme un régime totalitaire comme l’on se plait parfois à imaginer qu’un pays capable d’évolutions étonnantes. Cependant, il n’en reste pas moins que l’Iran n’a pas la possibilité à se métamorphoser sur le fond.

L’ayatollah Khomeini sur une fresque murale. photo publié sous licence Creative Commons par babeltravel

Oublions un instant les bombes atomiques. Parlons politique. L’année qui arrive à grands pas, celle des trente ans de la Révolution islamique, constituera une échéance électorale importante : l’élection du président. L’actuel titulaire du poste, Mahmoud Ahmadinejad est candidat à sa réélection. Avec un bilan décevant aux yeux des Iraniens, la confirmation à son poste est loin d’être gagnée d’avance. L’ancien président Hachémi Rafsandjani, quant à lui, prépare déjà ses troupes. Les Réformateurs, enfin, ceux qui ont porté Mohammad Khatami au pouvoir de 1997 à 2003, ne semblent pas pour le moment capables de créer la surprise en rééditant leur exploit. Avant de s’attaquer à cette actualité et aux débats qui agitent la société iranienne contemporaine, revenons le temps d’un article sur l’origine si particulière du régime islamique iranien.

Le chiisme, de l’Arabie à l’Iran

Débutons par un long voyage en arrière: destination le désert arabique au temps d’un curieux marchand mecquois propulsé prophète d’une nouvelle religion. A sa mort, la communauté musulmane est divisée. Qui d’entre eux doit désormais conduire les conduire ? Le camp majoritaire propose Abou Bark, un fidèle du défunt prophète. Mais de nombreux musulmans estiment que la succession doit se faire au sein même de la famille de Mahomet. ils soutiennent donc Ali, son neveu et gendre. Les évènements qui déchirèrent la toute première communauté musulmane sont trop longs pour les développer dans cet article. Retenons que les “partisans d’Ali”, devenu les chiites, se séparèrent de la majorité des musulmans pour former une communauté dissidente. Refusant de suivre les califes, les successeurs du Prophète, ils se mirent à suivrent leurs propres chefs : les Imams. La tradition majoritaire en dénombre douze, car le dernier s’est “occulté” de la surface terrestre promettant un retour annonçant une période où régnera la Justice (1). Ce messianisme distingue les chiites des autres musulmans, tant sur le plan religieux que politique (ce qui en Islam, n’est jamais très éloigné).

Sautons maintenant de plusieurs siècles pour atterrir enfin en terre persane. Au XVIe siècle, les Iraniens sont convertis par les Savafides, les nouveaux maîtres du pays. Jusqu’à cette époque, l’Iran n’était pas en effet une terre chiite. Dès lors l’iran et le chiisme ont eu tendance à partager le même destin, sans se confondre toutefois. Ce sont désormais les rois qui veilleront aux destinés de l’Iran. Les clercs apportent leur bienveillance en développant une théologie qui fait du monarque le dirigeant légitime de la communauté en l’absence de l’Imam Mahdi

Une Révolution politique et religieuse

La politique en Iran compose avec les préceptes de la religion chiite. Pourquoi dans la seconde moitié du XXe siècle, la Révolution est t’elle venue renégocier cette union ? Si la révolte fut religieuse, elle fut également politique, dirigée contre un despote, le shah Reza Pahlavi, ennemi affiché du passé islamique du pays et “pions” des Etats-Unis d’Amérique. La Révolution fut une convergence de lutte. On y retrouve des militants laïcs de gauches, communistes comme libéraux. Le milieu clérical était lui aussi particulièrement agité. Mais il ne faudrait pas mettre les deux camps dans une opposition terriblement réductrice et tentante : à gauche, la modernité et de l’autre l’archaïsme. Au contraire, on assiste dans les années 1970 à un véritable échange idéologique. De nombreux clercs lisent et s’inspirent de la littérature marxiste et tiers-mondiste. De même, les laïcs de gauches inscrivent leurs pensées dans un cadre islamique et proprement chiite: par exemple la lutte contre l’oppression des califes sunnites est assimilée à celle des prolétaires face à la bourgeoisie nationale. La pensée du sociologue d’Ali Shariati, ancien étudiant à la Sorbonne et décédé en 1977, est une illustre expression de cette diversité intelectuelle. Il inspira également de nombreux islamologues et orientalistes en Europe.

Khomeini, leader et fossoyeur de la révolte

Une fois le Shah renversé en début 1979, les Iraniens comme le reste du monde partagent de grands espoirs sur l’avenir. L’unité proclamée des acteurs de la Révolution semble montrer la possibilité d’établir un régime moderne dans son cadre culturel islamique. Il fallu cependant vite déchantés quand le parti “islamiste” de l’Ayatollah Khomeiny a triomphé. La pensée de ce théologien exilé à Nadjaf en Irak puis en banlieue parisienne, était une réponse au problème de l’occultation du douzième Imam. Selon Khomeiny, ce sont les théologiens juristes-consultes qui doivent dirigés la communauté chiite en l’attente du retour messianique de l’Imam Mahdi. Cette doctrine porte un nom : le Velayat e-Faqh. Les révolutionnaires iraniens l’adoptent comme principe fondateur du nouveau régime à venir. Mais les interprétations sont nombreuses. Beaucoup pensent que les clercs doivent exercer uniquement une certaine autorité morale et religieuse sur la vie politique. Ces divergences vont marquer la suite des évènements.

Affiche de la Révolution de 1979. Document publié sous licence Ceatives Commons par Voyou Desoeuvre

Une assemblée constituante accouche d’une première version d’une constitution, où le pouvoir politique et le pouvoir religieux se modère mutuellement. Or le texte repasse dans les mains d’une assemblée de clercs, qui y consacre la supériorité du religieux. La constitution est acceptée par une quasi-majorité dans un référendum où la régularité fut extrêmement discutable. Le nouveau régime imposé par un coup de force. Les révolutionnaires qui s’opposent au parti khomeinistes sont éliminés. Ainsi, Bani Sadr, l’un des principaux théoriciens de la gauche islamique, devenu le premier président de la nouvelle République, est renvoyé par le guide suprême Khomeini. La répression reprend comme au temps du shah. Ceux qui se sont battu contre la monarchie sont désormais les nouveaux ennemis d’un régime presque totalitaire.

La constitution de 1979 est toujours en vigueur, bien qu’elle a est été modifié à la mort de Khomeini dix ans plus tard. D’un régime pratiquement taillé sur mesure pour ce dernier, on est passé à un système capable de traverser les générations. La nouvelle République est née sur un écrasement violent de la contestation. Désormais, si le régime le régime peut évoluer, il ne peut le faire que dans le cadre défini par Khomeini et ses partisans. Les débats qui agitent l’Iran actuel porte notamment, mais pas uniquement, comme nous le verrons, sur cet héritage révolutionnaire : comment réformer le système khomeiniste sans pour autant saper les fondements de la Révolution de 1979. C’est ce qui nous occupera dans la seconde partie de l’article à suivre sur Terrepolitique.com

(1) C’est l’opinion des chiites dits duodécimains. D’autres, les ismaéliens pensent que le septième imam est le dernier. Au Yémen, enfin, les zaydites ne compte que cinq imams.

Commentaires

6 Reponses a “Le régime politique iranien peut-t’il évoluer ? (1/2) : aux origines de la République islamique”

  1. Shahpour le octobre 24th, 2008 10:30

    Remarque d’un exilé perse

    Selon votre analyse tant soit peu complaisante, la barbarie des ayatollahs serait tout au plus un “régime PRESQUE totalitaire”.
    Inexact !
    Il s’agit bel et bien d’un TOTALITARISME pur et dur, dépassant de très loin le niveau de contrôle, d’embrigadement et d’endoctrinement exercé dans les systèmes totalitaires non religieux.

    Et que faites-vous des plus de 2500 ans de monarchie perse que vous passez sous silence à la manière des mollahs eux-mêmes?

    Votre vision de l’Histoire et de la politique est, à cet égard, “à l’insu de votre plein gré”, éminemment “akhund-passand” comme on dit en persan, i.e. parfaitement conforme à la doctrine officielle des mollahs survalorisant le passé islamique et occultant ou minorant l’identité antéislamique de l’Iran, en particulier l’héritage monarchique antique et néo-antique (=dynastie Pahlavi).

    Shahpour, exilé perse, 76 ans

  2. Jessica May le novembre 13th, 2008 5:15

    m2bkls7lmu5y1st2

  3. Claudio César le décembre 16th, 2008 3:55

    Comentario por Claudio César de Argentina 14.12.08 @ 19:24
    Quizás el iman Mahdi ya apareció este año 2008, porque ya poco se comenta en estos´últimos meses del año. Pero como practica la justicia, no le conviene a muchos gobernantes y poderosos. Por ejemplo, quizás al gobierno de Irán, el iman Madhi, ya los ha denunciado en todo los países del mundo como gente mala, porque el Iman Mahdi dice la verdad que es muy dura. Estaba profetizado por los shitas a principios del 2008, que el Ali Khameney de Irán, hiba a estar en contra del Iman Mahdi y que este año 2008, aparecía. Quizás resolvió problemas de muchos países de manera gratis (quizás el conflicto entre Libia y Bulgaria en Julio 2007, por ejemplo), por medio de un libro que contiene sanaciones de miles de enfermedades con métodos naturales a cambio que se comvierta la gente. Estos pueden ser indicadores y a nadie le conviene publicarlo.
    Puede ser argentino o puede ser mexicano, etc. Esto es misterio divino. Quizás no es una persona pública, sinó un hombre común con muy buenos sentimientos, guiado por Cristo. Es seguro que apoya a toda persona que practica la justicia, como por ejemplo, Giorgio Bongiovanni que es un estigmatizado italiano que practica la justicia.
    El Iman Mahdi dice la verdad divina que es muy dura para el mundo en pecado y es guiado por Dios Padre. Por algo, las profecías dicen que hiba a practicar la justicia.
    Interesante reflexión. Creo que el mundo ya se dará cuenta quien puede ser. El tiempo dirá.

  4. orlandos le janvier 4th, 2009 22:00

    elle pûcos je awoka e hye amme loore !!

    juwass miir tyug..)

  5. vincent le janvier 30th, 2009 0:33

    July 14, 2007
    Mort à l’islam!
    Oui, il faut non seulement interdire, mais aussi abattre la religion islamique, l’éliminer, la détruire, l’enterrer, en faire un simple mauvais souvenir.
    Car le Coran et l’exemple du prophète continueront sinon d’inspirer le terrorisme religieux, le suprématisme, le mensonge systématique, et l’écrasement des forces créatrices. Le Coran est trop plein de haine, trop colérique et trop exempt de miséricorde. Les appels à la guerre du prophète sont trop clairs et universels. Les prières des pratiquants sont trop malveillantes. L’influence des textes est trop malsaine, surtout à mesure que progresse l’alphabétisation. Et les études objectives de ce matériel sont trop consensuelles.ecrit par inconue connais pas le destnataire pour avoir les reste de article demander:)(aucun rasisme c pour aider islame

  6. Bourgeois Adrien le mai 27th, 2009 16:09

    Comment contacter Terrepolitique par mail ?

    Merci

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