La Chine mérite-t’elle la fascination ?

7 juillet 2008

L’intérêt récent pour la Chine en France ces derniers temps doit permettre de rompre avec le mythe de l’altérité et d’ impulser une véritable rencontre avec l’histoire et la culture de ce pays.

Au printemps dernier, les étalages consacrés aux nouveautés dans les librairies françaises étaient quasiment consacrés à Nicolas Sarkozy ou à Mai 68. L’été qui vient de débuter apporte lui aussi son lot de nouveauté. La mode est à la Chine. Comment passer à coté de ce pays qui va accueillir en août les Jeux olympiques, et qui vient de faire énormément parlé de lui cette année (sur le Tibet et le séisme du Sichuan principalement) ? Le développement économique, culturel et politique de la Chine semble intriguer de l’autre coté du continent.

A la découverte de la Chine d’aujourd’hui

Une grande partie des livres consacrées à la Chine sont des “récits de voyages” écrits par des journalistes qui ont tâté le terrain pendant quelques années. Même le sinologue Jean-Luc Domenach a battit ses derniers ouvrages ( Comprendre la Chine d’aujourd’hui ; La Chine m’inquiète ) sur ce principe du journal quotidien, où il aborde, aux grés des journées et par des anecdotes, les enjeux actuels du pays. Ces livres entendent donner un regard objectif et distant de la Chine, avec l’autorité inébranlable du “j’y était” : comme si pour comprendre quelque chose de la Chine, il faut y avoir été. Le constat est assez amer, voir pour certains extrêmement critiques.

Cette littérature, avec tout ses défauts, a néanmoins la qualité de rompre avec la vieille tradition de l’aveuglement. Il est loin le temps où des européens, de retour de Chine, se lançaient dans des panégyriques de Mao Zedong et une minimisation des crimes de la Révolution culturel. Le gaulliste Alain Peyrefitte est également tombé dans cette même fascination dans son célèbre Quand la Chine se réveillera… le monde tremblera. La presse et la télévision en France donnent encore parfois une image biaisée, à destination des investisseurs, vantant le “miracle chinois”, expurgés de ses problèmes économiques et sociaux.

Le mythe de l’altérité chinoise

C’est un lieu commun de dire que la Chine fascine. La vision actuelle est basée sur un mythe vivace, celui de l’altérité chinoise. Ce mythe est à l’origine une création européenne, forgée par les premiers voyageurs et spécialistes de ce lointain Empire. A partir du XIXe siècle, il est repris par des intellectuel chinois pour définir une identité à leur pays et à leur culture. Aujourd’hui, elle est notamment l’arme des dirigeants afin d’ ecarter toutes &volutions politiques : la démocratie n’étant qu’un produit de l’”Occident”, elle donc est étrangère en terre chinoise. Par conséquent, selon ce discours bien rodé, toutes les critiques venant de pays démocratiques envers le système politiques chinois, sont des preuves d’un ethnocentrisme profond. Souscrire à un tel schéma, c’est donner une identité et une culture figée à la Chine. On entend souvent dire que la Chine est éloigné des idées démocratie et d’individu car elle est imprégnée de la philosophie de Confucius. C’est ici négligé le fait que le retour au confucianisme ne procède pas d’une identité plurimillénaire mais d’un retour en arrière, dont profite le régime chinois pour établir sa légitimité.

Les Européens n’ont malheureument pas assez de connaissances pour sortir de ces visions simplistes. La thèse du Choc des civilisations de Samuel Huntington est plus répandue dans les esprits que l’on ne croit. Le célèbre politologue étasunien veut montrer que dans les années 1990 l’affrontement idéologique se voit succédé par l’apparition d’affrontements entre civilisations. Autrefois, l’URSS était différente de la France car elle était marxiste-léniniste. Aujourd’hui, a-t’on l’impression, la Chine est différente, car elle est “chinoise”. De nombreux “spécialistes” en France se complaisent à avancer de tels arguments.

L’oubli de la Chine

La littérature qui sort aujourd’hui sur la Chine est à considérer, mais elle révèle une carence : l’ignorance de la culture et de l’histoire chinoise en Europe. Un élève, s’il parvient en classe de terminal n’entendra parler de la Chine uniquement que dans un cours d’histoire-géographie. Et encore, l’enseignement se contentera de traiter, en grandes lignes, la Chine populaire. L’époque impériale est donc absente des programmes d’histoire. Seul ceux qui manifestent de leur propre volonté de découvrir l’histoire de la Chine pourrons le faire, mais par leurs propres moyens. La philosophie tel qu’elle est enseignée en France est euro-centrée. Les pensées fondamentales de Lao-Tseu et Confucius ne sont donc que des objets lointains et exotiques. Mais on aurait tort de ce concentrer à ces deux figures : la philosophie chinoise regorgent de penseurs méconnus qu’il serait bon de découvrir.

La Chine mériterai à être mieux connu. Non pas seulement parce qu’elle est sera le “géant de demain”, mais parce qu’elle a été celui d’hier. L’histoire chinoise est encore marquée par de nombreux vides. Des sites archéologiques attendent d’être fouillé pour dévoiler leur secret. L’initiation à la Chine doit être surtout le vecteur d’une meilleure connaissance du monde. La Chine mérite-t’elle sa fascination ? Oui, mais ce qu’elle doit attendre de mieux, c’est de l’interêt.

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Commentaires

Une Reponse a “La Chine mérite-t’elle la fascination ?”

  1. Pierrick CAMBUZAT le juillet 7th, 2008 3:53

    Est-il bien sérieux de traiter d’un sujet aussi délicat en négligeant quelques règles fondamentales de la langue française ?
    cf : “de la Révolution culturel”, “on aurait tort de ce concentrer à ces deux figures”…

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