L’Australie s’excuse auprès des Aborigènes. Un passé qui passe mal
Le nouveau gouvernement travailliste australien de M. Kevin Rudd vient d’adresser au nom du pays des excuses au Aborigènes. Un pas vers la reconnaissance mais l’Australie est encore loin d’avoir crever les abcès de son passé.
M. John Howard, précédent premier ministre (parti libéral), s’est battu durant tout son mandat contre une telle politique de reconnaissance. Cette question des responsabilités d’un peuple ou d’un pays n’est exclusive à l’Australie. Il suffit de penser à la France sur ce qui concerne la colonisation et la guerre d’Algérie ne particulier. Les arguments s’opposant cette repentance sont sensiblement les même: le refus de porter la responsabilité des générations antérieures. La question de possibles dédommagements financiers fait aussi débat.
M. Kevin Rudd, Premier ministre de l’Australie s’adressant aux Aborigènes. Photos publiée sous licence Creative Commons par Tilly Dog.
L’histoire des Aborigènes depuis les premiers colons européens est dramatique, bien plus que celle des Amérindiens. Le capitaine Cook, en 1788, déclare l’immense île qu’il aborde terra nullius, terre vierge d’habitant. Contrairement à l’Amérique du Nord, les colons européens n’ont passé aucun traité avec les autochtones. La constitution australienne affirme par la section 127 que les Aborigènes ne constitue pas la population du pays. Les Aborigènes ne sont pas citoyens australiens. L’état de marginalisation au long du XXe siècle oblige le gouvernement de Canberra de revoir sa politique en faveur des autochtones. Il faudrait mieux dire créer, car comme il a été indiqué précédemment les Aborigènes ne sont pas sous la juridiction de l’état. En 1967, un référendum approuvé par neuf électeurs sur dix aboli cette disposition de la constitution. Les Aborigènes gagnent donc le droit de vote (1).
L’Etat peut donc légiférer en matière indigène. Pour les Aborigènes cette intégration rime avec assimilation. Ces réformes sont à mettre dans un contexte chronologique plus large d’assimilation. Le gouvernement de Canberra, durant plusieurs décennies, a voulu arracher les jeunes autochtones de leur milieu traditionnel et leur famille pour en faire des Australiens comme les autres. C’est particulièrement sur cet aspect, la Stolen generation, que le gouvernement de M. Rudd a fait allusion.
Si le geste est louable, peut-être historique, il n’est qu’une étape. Les Aborigènes, groupe très hétérogène, sont encore marginalisés économiquement, socialement et culturellement. Ils savent également pertinemment que les Travaillistes ont beaucoup montré de volonté à leur sujet, mais pour peu d’actes. L’idée d’assimilation est désormais rejetée par les Travaillistes ayant constaté les dégâts de cette politique. Une position critiqué par les Libéraux (de M. Howard) qui refusent une partition de la nation australienne.
Le drapeau des Aborigènes et celui de l’Australie côte à côte. Photo publiée sous licence Creative Commons par LemonSunrice.
L’idée d’une souveraineté aborigène en dehors de la juridiction australienne n’est pas absente. Des militants aborigènes ont tenté dans ces dernières années d’invalider juridiquemement la souveraineté britannique sur toute l’ île et ses habitants. C’est une opposition claire au principe de la terra nullius. ce n’est qu’en 1992, avec l’affaire Mabo & Others v. Queensland, que ce principe a été remis en cause par l’Etat. Cet évènement a permis d’accorder des droits indigènes sur la terre. Le débat sur les Aborigènes en Australie est extrêment délicat, car il pose la question de la souveraineté de l’Etat australien.
L’Australie promeut depuis les années 1980, l’idée d’une « Reconciliation ». les spectateurs étrangers ont pu en voir une démonstration durant les Jeux olympiques d’été de 2000, avec l’athlète aborigène Cathy Freeman allumant la flamme olympique. cependant, cette politique est critique pour n’être finalement qu’un instrument rhétorique des gouvernements successifs pour évacuer les questions qui fâchent et promouvoir l’image d’une Australie nouvelle dans le monde.
La question des Aborigènes en Australie ne présente pas les mêmes caractéristiques que celle des Amérindiens en Amérique du Nord. La politique de « réconciliation » australienne est à mille lieues des efforts des leaders de l’Afrique du Sud post-apartheid pour reconstruire le pays par le pardon et au-dessus des haines. Pourtant, l’Australie renvoie à des thèmes très important et discuté de notre début du XXIe siècle : l’intégration, le multiculturalisme, le post-colonialisme.
(1) Il a subsisté toutefois des discriminations légales. Par exemple, les Aborigènes, à l’inverse des autres Australiens, ne sont pas inscrit automatiquement sur les listes jusqu’au années 1980.
Commentaires
3 Reponses a “L’Australie s’excuse auprès des Aborigènes. Un passé qui passe mal”
Vous avez quelque chose a dire?





[...] 2008 à boyctter les JO ? Personne n’a boycotté Sydney et pourtant les australiens aussi ont leur passé lourd à supporter [...]
jve voudrer savoir pourkoi on nappelle sa des aborigene et non par un otre nom dou vien la signification de se mot et pourkoi aborigene et pas un otre prenom entouka jespere avoir une reponse a sa merci davance
« aborigènes » qui signifie les premiers habitants ayant peuplés les terres, en l’occurrence ici, les terres australiennes.
Réponse un peu tardive, juste au cas ou cette question te trotte toujours dans la tête !