Jacob Zuma designé à la tête de l’ANC : des changements politiques pour l’Afrique du Sud ?
23 décembre 2007
L’ African National Congress (A.N.C.), la plus puissante organisation de lutte contre l’apartheid est depuis 1994 le parti le plus puissant de l’Afrique du Sud (1). L’arrivé du controversé Jacob Zuma, adversaire du président Thabo Mbeki, à la direction du parti lui donne ses chances pour succéder à ce dernier en 2009.
Le président de l’Afrique du Sud Thabo Mbeki, successeur de Nelson Mandela en 1999, espérait bien être reconduit à la présidence de son parti. Mais c’est celui qu’il croyait avoir neutralisé qui prend finalement sa place. Jacob Zuma a participé aux instances de directions de l’ANC et a obtenu de nombreux postes importants dans les gouvernements de l’après-apartheid. Mais en 2005, il est lourdement condamné pour des affaires de corruptions et de viols. Zuma se voit donc retiré toutes ses charges politiques.
Jacob Zuma reste cependant très populaire pour les militants de l’A.N.C. et les Sud-africains. Point important, c’est un Zoulou, se distinguant en cela des grandes figures de l’A.N.C., comme Thabo Mbeki, Olivier Tambo, et bien sur Nelson Mandela. Zuma est aussi considéré comme représentant de la faction “de gauche” de l’A.N.C. Les présidences de Mandela et Mbeki ont décu de nombreux Sud-africains. il n’ont pas retrouvé l’A.N.C. en lutte pour la justice sociale. Le démantèlement de l’apartheid n’a pas porté les grands boulversements sociaux auxquels nombreux espéraient. Les inégalités socio-économiques de l’Afrique du Sud d’aujourd’hui prolongent celle de la période de domination blanche. Seule une minorité de Noirs a accédé à une nouvelle vie. Les militants de l’A.N.C. ont désiré semblent t-il se débarrasser de cette politique incarné parfaitement par Thabo Mbeki, image d’une Afrique du Sud moderne et ouverte sur le monde et à la mondialisation.
Le nouveaux leader de l’A.N.C. sera t’il capable de renverser les tendances ? Sa victoire inquiète. Nelson Mandela est sorti de sa retraite pour faire part de son inquiétude. Réaction similaire pour la chef de l’opposition Helen Zille. Rien n’est dit non plus que Zuma se distinguera, si il est élu en 2009, de son prédécesseur. Les Sud-africains ont deux ans pour y réflechir.
(1) avec 70% des voix aux législatives de 2004 (soit plus que “Russie Unie” de Vladimir Poutine en 2007 !). L’A.N.C. a bénéficié ensuite de l’entrée dans ses rangs des membres du Nouveau parti National, héritier du parti qui a institué l’apartheid en 1948 !
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