Robert Mugabe et les autres
7 décembre 2007
Décidemment le dictateur du Zimbabwe n’est pas le bienvenu pour cette rencontre entre l’Union européenne et l’Union africaine. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a boycotté la réunion de Lisbonne. Une sévérité bien particulière…
Robert Mugabe est effectivement un dictateur. A l’indépendance du pays, il instaure le système du parti unique, et règne sans partage sur le Zimbabwe. Les élections qu’il remporte haut-la-main sont truquées. L’opposition est muselée. Le régime n’hésite pas à user de la violence.
Robert Mugabe n’est pas le seul du continent africain à s’opposer à la démocratie. Mais, son crime,yeux des pays européens notamment du Royaume-Uni ,est d’avoir imposer une réforme agraire en 2000. Revenons un peu en arrière. Fondé par le chantre de l’impéralisme britannique Cecil Rhodes, la Rhodésie du Sud est dirigé par une minorité de colons blancs. La très grande majorité Noirs sont écarté de la vie politique (Il ne s’agit pas d’un système d’apartheid comme dans l’Afrique du Sud voisine, mais un système de gestion colonial paternaliste). Les années passent. Une partie des Blancs font de la Rhodésie du Sud leur patrie. Le gouvernement britannique souhaite dans les années 1960 passer à l’indépendance du pays. pour cela, il faut donc abandonner le système de la représentation blanche qui donne la majorité du pouvoir politique aux Blancs. L’élite sud-rhodesienne, fière de ses privilèges, s’y refuse. Emmenée par Ian Smith (qui vient de décédé récemment) , la Rhodésie proclame son indépendance de manière unilatérale, c’est à dire sans reconnaissance internationale. Pendant 15 ans les Rhodésiens blancs ont fait affront au Royaume-uni. Les Noirs se révoltent. Parmi l’un d’eux : Robert Mugabe. En 1980, l’indépendance véritable du pays est proclamé, et rapidement le “majority rule” (une voix pour un homme) se met en place. Robert Mugabe s’installe à la tête du gouvernement, puis en 1987 à la présidence.
La majorité des Blancs fuient le pays. Certains restent néanmoins en place. Ils représentent l’élite économique du Zimbabwe, possedant de nombreuses terres accaparés durant la colonisation. En 2000, Robert Mugabe décide l’expropriation forcée des fermiers blancs sans compensations alors que ce dernier avait promi de ne pas y toucher. La réforme agraire est violente et mal organisé. Une grave crise économique touche le pays.
Il y a beaucoup à reprocher à Robert Mugabe. Mais le petit retour en arrière permet de comprendre la réaction de Gordn Brown. Il y a des liens particuliers avec le Zimbabwe par son histoire et sa population. Les pays européens sont bien indulgents envers d’autres dictateurs africains : Bouteflika, Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Bongo, Deby…
Refuser les dictatures ? pourquoi pas ! Mais attention à la sélection.
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