Quand l’Afrique dit “merde” à la France
7 novembre 2007
“L’Afrique de papa, c’est terminé”. Oui, mais jusqu’où?
Nicolas Sarkozy, le sauveur des temps modernes! Le président français s’est déjà illustré en 1993, lors de la prise d’otages à la maternelle de Neuilly-sur-Seine; en 2007, lors de la libération des infirmières bulgares; fin 2007 en ramenant au bercail des journalistes détenus au Tchad dans le cadre de l’affaire de l’Arche de Zoé.
Mais jusqu’où ira-t-il? Dans la jungle, récupérer Ingrid Bétancourt? Dans le désert du Névada, retrouver l’explorateur Steve Fossett? Tant qu’on y est, il aurait été plus efficace pour ramener lui-même cette centaine d’enfants…

Mais avec le Tchad et plus généralement l’Afrique, la situation est différente.
Un peu d’histoire… Le Tchad doit ses frontières actuelles aux Français, aux Anglais et aux Allemands, qui, à la fin du XIXè siècle, ont tracé les limites du pays, sans même tenir compte des tribus nomades s’y trouvant… Bref, c’est du passé! En 1920, le Tchad devient une colonie française, colonie qui a combattu auprès de la France libre durant la Seconde guerre mondiale. Devenu indépendant en 1960, cet Etat africain a depuis plusieurs fois fait appel à la France pour demander de l’aide (ou bien accepter son aide bon gré, mal gré) (1968, 1981, 1983, 2007…).
Indépendant sur le papier certes. Mais en réalité, certains domaines au Tchad (monnaie, école, économie…) sont encore largement influencés par le passé colonial du pays, et l’aide des pays européens et des Etats-Unis est bienvenue.
Effectivement, comment se sentir indépendant si d’un côté le chef de l’Etat français affirme sa “confiance” dans la justice tchadienne, mais d’un autre côté précise qu’il ira “également chercher ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait”.
Il est certain que les nombreuses années de travaux forcés qui menacent les Français encore détenus au Tchad, sont en contradiction avec les droits de l’homme de notre chère France.
Mais Idriss Deby Itno, le président tchadien, affirme, lui, que la justice se fera “au Tchad”. Surout que la Convention judiciaire établie en 1976 entre les deux pays indique que “l’extradition est refusée quand une infraction est commise en tout ou en partie sur le territoire de l’Etat requis”.
Comme l’a précisé le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké : “ce n’est pas le président Nicolas Sarkozy qui décidera ce que fera la justice tchadienne”.
Mais avant d’être une affaire politique ou judiciaire, c’est surtout une affaire d’enfants, pris dans le tourbillon de la guerre, dans le tourbillon des mensonges, dans le tourbillon de l’humanitaire factice…
Droit international, passé colonial amer, personnage de N. Sarkozy, la suite au prochain numéro?
Commentaires
Une Reponse a “Quand l’Afrique dit “merde” à la France”
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Un article prémonitoire, au regard de la “mission” humanitaire envoyée pour secourir Ingrid (et les 2900 autres otages) dans la jungle.