En politique, on ne peut pas vendre de la déprime

5 novembre 2007

Vous connaissez l’expression « vendre un congélateur à un esquimau » ?

Pour moi, on ne peut pas vendre du malheur à un électeur au même titre. Or il me semble que c’est ce qu’un bon nombre de partis en France essaye de nous vendre en ce moment. Etonnamment les seuls partis qui se sont démarqués du lot lors de la présidentielle sont ceux qui ont fait exactement le contraire : c’est à dire nous vendre du bonheur.

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J’allais faire mes courses, une militante Lutte Ouvrière m’aborde juste avant l’entrée du magasin. Je ne décline que très rarement une conversation avec un militant, peut m’importe pour qui il milite. J’ai toujours été fasciné par ces personnes qui donnent de leur temps pour un parti politique. Quels sont leurs motivations, leurs valeurs et les moyens qu’ils défendent ? Au delà des discours préconstruits je m’aperçois que régulièrement les mêmes préoccupations reviennent, tout n’est qu’une question d’aborder les sujets et de moyens.

Alors que j’étais relativement heureux avant d’arriver dans le magasin, la militante m’avait complètement détruit le moral après notre conversation. Je réalisais sous l’effet de ses belles paroles que ma situation était merdique, que d’autres avaient mieux que moi et finalement que le monde tel qu’il existe n’en valait pas la peine. A la fin de la discussion, j’avais plus envie de m’enterrer dans un trou plutôt que de voter pour le parti qu’elle défendait. Comble de tout, elle me file en guise de cadeau un vieux pamphlet rouge sur gris simpliste avec des titres d’une platitude incommensurable.

Bref, je ne suis pas un électeur de dirigeants tristes.

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