Pourquoi tant d’empressement à l’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne ?

La Turquie divise l’opinion européenne. Il ne s’agit pas dans cet article d’opposer points par points les arguments, mais plutôt de comprendre pourquoi les états de l’Union Européenne (UE) mettent tant d’énergie à cette question.

Si le débat est si engagé et revient souvent, c’est évidemment parce qu’il est controversé. Pourtant, la Turquie a certains traitements de faveur.

La Convention européenne qui a rédigé la première version du traité constitutionnel européen (TCE) entre 2001 et 2004 était composée de représentants (non élus) des pays membres ainsi que des pays candidats (ceux rentrées en 2004 et 2007). La Turquie était aussi représenté (L’actuel président Abdullah Gül y a participé), mais pas d’autres pays comme la Croatie ou l’Ukraine qui présentent de meilleurs résultats sur les critères d’adhésion.

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Positions en Europe à l’entrée de la Turquie


L’Autriche a accepté la candidature de la Turquie, en échange du renoncement à exiger à la Croatie l’extradition des criminels de guerres pour poser elle aussi sa candidature. Ce drôle de marché montre bien l’empressement de l’Union Européenne à parler de la Turquie. Les états membres se sont fait les meilleurs promoteurs de l’adhésion, à contre-courant des populations. Jacques Chirac par exemple. Nicolas Sarkozy commence a adopté des positions plus modéré que celle affiché lors de la campagne

De n’importe quelle manière l’entrée de la Turquie se fera dans l’UE : comme état membre ou comme « partenaire privilégié ». La « fragmentation inéluctable de l’Union Européenne en zones à responsabilités et droits différents rendra superflu une adhésion pour la Turquie.

Pourquoi la Turquie dans l’Union Européenne ?

Certes l’économie turque est plus faible que les autres économies européennes. Mais la Turquie est un élément clé souvent négligé dans l’espace stratégique mondial : membre de longue date de l’Otan, c’est aussi un pays qui a tissé de nombreux liens avec Israël. La Turquie est une antichambre avec le Moyen-Orient. Un pays non arabe mais musulman, pivot de la politique américaine dans la région. La Turquie a abrité des troupes de l’armée américaine pendant l’invasion de l’Irak en 2003. C’est aussi la Turquie qui contrôle en amont les principaux fleuves du Moyen-Orient

Gouvernement turque aimé de l’occident

Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, n’est pas un obstacle, au contraire. La tendance actuelle « post-islamiste » du parti Justice et développement est orienté sur le néo-libéralisme et sur un fort enthousiasme à l’entrée de l’Union Européenne. En quelque sorte le gouvernement Erdogan est « pro-occidental » comme ont dit aussi à propos de l’Ukraine. Voilà ce qui plait à l’UE et aux USA

Les USA sont en effet peut être l’acteur caché de cette adhésion. C’est surtout avec les USA que la Turquie a tissé de nombreuses relations depuis la Seconde guerre mondiale. Ou bien, est-ce peut être une volonté de l’Union Européenne de se « déplacer » vers l’Est.

Alors finalement pourquoi tant d’empressement ?






Commentaires

Une Reponse a “Pourquoi tant d’empressement à l’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne ?”

  1. Serge Baillargeon le octobre 16th, 2007 22:25

    Effectivement, la Turquie n’est pas un pays comme les autres. Elle est « le Cuba » des Américains pendant la guerre froide et l’est toujours aujourd’hui. Cette situation ne fait pas nécessairement plaisr à la l’Union Européenne. En laissant croire que la Turquie intègrera l’UE, celle ci peut se mettre en position de négocier à la fois contre/avec l’Europe et les Etats-Unis. Mais la négociation en ce moment tourne en faveur de l’Europe puisque la décision du congrès Américains de reconnaitre le génocide arménien n’a pas vraiment plus aux dirigeants de la Turquie… George Bush a déjà apposé son véto à cette décision en fin stratège qu’il est.

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