Nucléaire iranien : vous avez dit prolifération ?
Le risque de la prolifération nucléaire dont risque le monde si l’Iran arrivait à developper sa propre bombe nucléaire. Le danger est réel, mais cache de nombreuses choses.
Prolifération ! Nouveau mot à la mode, dégainé aussitôt quand on parle d’une possible accession de l’Iran à l’énergie nucléaire à des fins militaires. Il est vrai que certains états du Moyen-Orient, voire au-delà, hésiteront moins à l’avenir à développer leur propre programme nucléaires.

Prolifération du nucléaire au Moyen-Orient
La Syrie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite sont souvent cité à titre d’exemple. Mais le problème, c’est que la bombe nucléaire a été le rêve de beaucoup. Est-il possible de savoir si ces trois pays ont réellement la volonté et la capacité. Le Brésil, l’Argentine ou l’Afrique du Sud (durant la période d’apartheid) ont aussi tentés l’aventure. La question est de savoir si avec ce coup d’éclat, gagné au profit de « la démission des nations » (Thérèse Delpech), l’Iran sera-t-il le véritable déclencheur d’une prolifération, où des puissances « moyenne » disposeront de l’apanage des très grande puissance.
L’Iran ne serai en effet pas le premier état à accéder à la bombe nucléaire en dehors des cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU (USA, Russie, Chine, Royaume-Uni, France). Israël, l’Inde ou le Pakistan font également parti du club nucléaire. A chaque fois, les USA ont favorisés ou ont fermés les yeux sur les intentions de ces pays. La prolifération n’est donc pas un phénomène récent !
Le nucléaire - Paix pour le Moyent Orient?
La possession de la bombe nucléaire par ces pays n’est pas forcement un péril pour la paix. Depuis que le Pakistan joue à arme égale de l’Inde, les négociations de paix se sont renforcées. Mais fut-il toutefois judicieux de développer cette escalade militaire ? Quant à Israël, l’arme nucléaire (que les dirigeants refusent toutefois de confirmer l’existence) est un obstacle (plutôt qu’une menace) pour la paix. Un règlement de paix du conflit sera possible quand les états du Moyen-Orient accepteront Israël, mais également quand ce dernier acceptera ses voisins (dont les Palestiniens) en démantelant la bombe nucléaire.
Il y sans nulle doute « deux poids, deux mesure » dans le traitement de l’Iran, d’où la volonté de ce dernier a pousser plus loin la provocation (sinon la mascarade). Certes l’Iran à l’inverse d’Israël, de l’Inde et du Pakistan, a signé le Traité de Non-prolifération (TNP). De surcroît, l’Iran n’est pas une démocratie. Certains s’inquiètent en effet du risque de la possession de la bombe nucléaire par une dictature, en oubliant toutefois le principe de dissuasion nucléaire.

Visions américaines et visions françaises du nucléaire iranien
Tout ceci explique l’acharnement particulier sur l’Iran, ou plutôt sur le régime de la République Islamique, hostile aux USA et élément perturbateur « Grand Moyen-Orient ». Comme le montre Olivier Roy, « la question de fond est de savoir si on est contre une bombe islamique ou opposé à une bombe iranienne » (cité dans Marianne du 22 au 28 Septembre 2007). Pour les USA, l’hostilité au régime islamique l’emporte sur le risque de prolifération. Un Iran avec la bombe nucléaire ne dérangerai pas les USA tant qu’ils sont leurs alliés Les Usa doivent maîtriser la prolifération, chez ses alliés. Par contre la positon de la France est inverse. C’est le risque de prolifération qui importe, d’où la volonté du président Nicolas Sarkozy d’acheter l’abandon des programmes de nucléaire militaires en échange du nucléaire civil, comme en Libye.
La menace de prolifération est un risque réel. Mais comme tout ce qui concerne les ambitions nucléaires de l’Iran, tout doit être évalué et relativisé.
Commentaires
7 Reponses a “Nucléaire iranien : vous avez dit prolifération ?”
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ca va peter, c’est sur…
Avez-vous des abris anti-atomiques chez vous ?
nous voulons savoir si l’afrique du sud a la bombe nucleaire
L’Afrique du Sud ne possède pas la bombe. Par contre durant l’apartheid, le pays a essayé de se la doté.
bonjour.
peut-on dire que le fond du problème nucléaire c’est les questions d’alliance entre grandes puissances et moyennes puissances?
dès que les Etats-Unis consentent à l’acquisition de l’arme nucléaire d’un Etats allié tout va bien et dès que les E-U ou une autre grande puissance s’y oppose rien ne va plus? (pression dplomatique pour l’arrêt de recherches ou travaux d’enrichissement etc)
merci
l’iran a bien droit à la bombe.c’est un moyen de defense,de dissuasion.
le nucleaire n’est l’apanage d’aucune nation.
pour que l’iran abandonne son programme nucleaire il faudrait
que tous les pays du monde detruisent leurs armes atomiques.
dans ce cas,on serait dans un monde equilibré,sans menace.
l’iran ne possède pas pour le moment une bombe nucléaire. et toute l’europe “prèssée ” par la dynastie BUSH s’est mise en fusion . Les américains ont utilisé leurs bombes nucléaires sur le japon, les français avec leur essais outre éxagone. Pourquoi avoir peur de l’iran et non du pakistan ,de l’inde ou même de la chine. Pourquoi les américains et autres nations s’octroient-elles le monopole de la dissuasion ,? au nom de quoi !
L’ Iran comme d’autres pays de l’ENDAN possède depuis une bonne lurrette son arsenal nucléaire, ce qu’il veut c’est la dissuasion nucléaire, une certification de reconnaissance dans l’EDAN pour étre accepté comme membre du conseil de sécurité (parmi les P5).
Soixante ans
de dissuasion nucléaire controversée
Par : Y.Mérabet
La dissuasion nucléaire, dans les relations internationales, terme qui désigne une stratégie visant à décourager toute possibilité d’action hostile de la part d’une puissance ennemie. Une stratégie de dissuasion réussie implique qu’on puisse mettre l’agresseur potentiel dans un certain état d’esprit.
La fin de la dissuasion nucléaire
Avec elle, l’arme thermonucléaire nucléaire qui connaît un saut qualitatif, la fusion nucléaire permet d’atteindre des niveaux d’énergie sans commune mesure avec les intenses bombardements de la Seconde Guerre mondiale, y compris ceux d’Hiroshima et de Nagasaki. L’arme nucléaire la plus puissante jamais réalisée, la « Tsar Bomba » testée par les Soviétiques le 30 octobre 1961, dégage une énergie approchant l’équivalent de 60 mégatonnes de TNT. Avec de telles armes, il devient techniquement possible, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, de rayer de la carte un pays entier tel qu’Israël, la Belgique, le Danemark ou de moins importance Israël, seulement avec une seule bombe. La Russie pourrait fabriquer à nos jour la bombe ‘H’, une arme nucléaire de plus de 100 mégatonnes de TNT pouvant rayer pour l’éternité l’Allemagne, la France et l’Angleterre à la fois, une dissuasion qui a fait frémir l’humanité pendant plus de soixante années. On le sait maintenant avec l’ouverture des archives soviétiques, le monde est passé tout près de la catastrophe nucléaire. C’est le moment de la prise de conscience des dangers de la guerre nucléaire, de l’inévitabilité de la détente voire de la coexistence pacifique, et de la nécessité de la maîtrise des armements. C’est également à la même époque que le statut de l’arme nucléaire comme instrument de dissuasion commence à être conforté avec la doctrine de riposte graduée. Alors les Etats-Unis doivent mesurer les conséquences d’une attaque suicidaire israélite sur le ‘bourbier nucléaire iranien’, l’Iran maitrise et manipule le nucléaire depuis 59 ans, bien avant les français et les russes, alors les américains et les juifs savent à qui ils ont à faire. Avant la date du soit disant le désarmement nucléaire en 1987, on était dans une logique de simple maîtrise des armements. Aujourd’hui, à l’exception notable de la Chine, toutes les puissances nucléaires officielles sont dans une phase de contraction ou de stabilisation de leurs armements nucléaires, mais nulle personne ne sait ce qui se passe en douce. La rupture de l’émergence d’une vision nouvelle de l’arme nucléaire dans les années 1995-1996, qui a consacré l’idée de ce que l’on pourrait appeler une « exception nucléaire ». C’est l’époque de l’accession de l’ensemble des membres non nucléaires de l’ONU au TNP, de la prorogation du Traité pour une durée indéterminée, de la conclusion du TICE, et enfin de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la licité de l’emploi de l’arme nucléaire (qui a eu un impact politique non négligeable). C’est à partir de cette date que les signataires du TNP se sont scindés en deux groupes; en EDAN et en ENDAN, ces derniers n’auront pas droit à la dissuasion nucléaire pour se protéger, ni même à l’accès de la technologie du nucléaire, ils doivent rentre compte aux premiers par le biais de l’AIEA. D’autres Etats comme Israël, le Pakistan et l’Inde non signataires du traité de non prolifération nucléaire ont créé un groupe rebelle violant la réglementation internationale. Le TNP a été signé par tous les États du monde sauf par l’Inde, le Pakistan et Israël qui, entre-temps se sont dotés d’un arsenal nucléaire sans réaction significative des puissances nucléaires reconnues et des instances onusiennes. Il apparait injuste de menacer l’Iran de sanctions plutôt que d’essayer de l’intégrer dans le concert des États œuvrant pour une plus grande stabilité dans cette région, qui a grand besoin. Au moment où de nouvelles sanctions contre l’Iran sont envisagées par le Conseil de Sécurité, les événements de ces dernières années sous le règne de Bush et de Sharon illustrent bien les paradoxes de cette lutte contre la prolifération nucléaire. Une attitude paradoxale des pays de l’EDAN qui laisse à désirer, Sarkozy le premier opposant du programme nucléaire iranien adopte l’arsenal nucléaire français aux nouveaux missiles, laboratoires d’essais de nouvelles armes, modernisation des sous-marins lance-engins etc. La Russie qui n’a pas de position claire envers le nucléaire iranien pour des raisons économiques, vient d’annoncer non seulement un effort de 145 milliards d’euros dans le domaine de la défense, mais aussi la construction de 50 nouveaux missiles intercontinentaux. Le Royaume-Uni estime aujourd’hui indispensable l’amélioration de sa force nucléaire. La Chine fait un effort considérable dans le domaine de la maîtrise de l’espace. Quant aux Etats-Unis, les leaderships de la compagne anti-iranienne et anti-musulmane n’abandonnent pas le projet de faire de leur pays un “sanctuaire” et la pierre angulaire du néo-colonialisme, ce qui est un facteur déstabilisateur de la dissuasion. Aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler le « tabou nucléaire » se renforce de plus en plus. Soixante ans sans emploi de l’arme nucléaire, est un record, cela mérite d’être souligné et de s’assurer d’une ‘paix nucléaire’ même si chaque Etat de la planète est doté de sa propre bombe nucléaire, l’évènement des 60 années mérite d’être fêté. Pour rappel la tragédie d’Hiroshima ait eu pour effet de nous immuniser contre la ‘phobie du nucléaire’ pendant 60 ans, mais si les menaces d’Israël persistent alors là le contrat d’assurance sera résilié et notre monde disparaitra, y compris les Etats-Unis et Israël. Il est temps que ces derniers prennent conscience d’une éventuelle catastrophe nucléaire et de mesurer l’intensité et le potentiel de riposte Iranien, une attaque suicidaire d’Israël sur l’Iran telle quelle est conçue par le Pentagone est à écarter définitivement, il se pourrait que les Etats-Unis soient pulvérisés bien avant qu’Israël lâchera sa première bombe sur l’Iran, ces deux pays se sont fait trop d’ennemis. Sans doute aussi avons-nous eu de la chance, notamment en 1962. A moins qu’il ne faille y voir dans l’absence de conflit Est-Ouest l’intervention de la « Divine Providence » que Jean-Paul II mentionnait dans son testament. (L’Encyclique « Pacem in Terris » avait d’ailleurs été suscitée par la crise de Cuba.) Mais les faits sont là. L’arme nucléaire n’a pas été employée alors que les tentations n’ont pas manqué. Or plus, le temps passe, plus le tabou nucléaire se renforce. C’est une bonne nouvelle: contrairement à ce que l’on pouvait penser, les nouveaux détenteurs de l’arme nucléaire ont adopté une logique de dissuasion. L’évolution des rapports indo-pakistanais depuis la fin des années 1980 est d’ailleurs parfaitement conforme à la théorie de la dissuasion! C’est l’une des raisons pour lesquelles, la dissuasion nucléaire a été toujours plus efficace que la bombe atomique elle-même, il y ait aujourd’hui un « affaiblissement du seuil nucléaire ». Contrairement à ce qui est régulièrement colporté, il n’y a pas d’évolution de la doctrine nucléaire juive vers une « doctrine d’emploi de l’arme nucléaire
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