Il n’y a pas d’exception française : Réponse à un journaliste du Times
25 mai 2007
« Avant d’embrasser le libéralisme, la France doit perdre tout espoir d’une solution alternative. La France ne doit plus avoir de doute, elle ne doit plus hésiter. De toute son âme, elle doit rompre avec son Etat-providence quinquagénaire. La France doit comprendre en son âme et conscience qu’il n’existe pas d’exception française. » - Matthew Parris
Voici un extrait du discours de Matthew Parris pour The Times. Je dis discours, parce que ce que je lis là ne tiens en aucun cas d’une analyse journalistique, il s’agit simplement d’un discours franchement politique comme la presse anglo-saxonne aime tant le faire. A vrai dire, je dois avouer que ça me tanne pas mal de lire toujours les mêmes phrases toutes faites. Les journalistes du Times présentent la France comme un pays où tout va mal. Ils nous parlent du système social trop fort, du conservatisme économique et de la dette astronomique… blabla on connaît la chanson.

La dette est tant paradoxale. Quand elle se trouve dans les mains des Américains elle ne pose pas de danger, mais dans les mains des Français elle devient une raison pour tout réformer. La dette d’un libéral est normale, mais la dette d’un antilibéral serait un énorme défaut pour l’avenir d’un pays. Dans les faits, c’est ce que la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International entretiennent comme idée ; on vous prête de l’argent contre la libéralisation de votre économie. Bref, on vous prête de l’argent et en échange vous donnez vos marchés à nos entreprises plus compétitives. Tout le monde y gagne, vous n’avez pas lu nos économistes?
Mon cher Parris, vous qui applaudissez Thatcher d’avoir cloué le bec aux syndicats, j’aimerais vous parlez à mon tour de votre pays. La Grande-Bretagne va mal ! Les hôpitaux de votre pays sont si mal en point que vos habitants viennent se faire soigner en France. C’est un peu normal, les gens ne veulent pas attendre 10 mois avant de se faire opérer. La privatisation de votre système de transports en commun est une catastrophe. Les prix astronomiques enferment sur eux même les gens les moins fortunés de votre pays. Vos salaires sont bons, mais le prix de la vie augmente deux fois plus vite que ceux ci. Londres, le soi-disant nouveau centre financier de la planète ne compte plus les appartements où des dizaines de personnes s’entassent pour pouvoir payer leurs loyers. A part bien sur votre clique de pilleurs de la planète comme Ibraimovitch qui se permettent d’acheter les appartements les plus chers de la planète tout en finançant la corruption internationale. Ce que je vois c’est que votre pays est en crise, sortez un peu de Londres et vous verrez l’autre côté de votre succès. Alors cultiver votre nombril si vous le voulez, mais arrêtez de nous faire la morale.
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