Cafouillages écossais

4 mai 2007

La campagne électorale écossaise attirait les regards du monde entier. Un parti ouvertement en faveur de l’indépendance menait dans les sondages. Le parti en question faisait la promotion d’une stratégie étapiste calquée sur celle du Québec : d’abord prendre le pouvoir ensuite solliciter la population sur l’indépendance de l’Écosse par l’entremise d’un référendum.

Pour le bien de tous, il aurait mieux fallu que le parallèle avec le Québec s’arrête là.

Dans un scénario digne d’un petit pays africain ou sud-américain, le mauvais temps en prime, tout ce qui put aller mal le jour de l’élection alla mal. Le premier élu étant connu quatre heures après la fermeture des bureaux de votes. Le deuxième, deux heures plus tard. Un premier vote électronique pour l’ensemble du pays. Des pannes informatiques et des bogues incessants. Un nombre incalculable de bulletins de vote rejetés. Dans plusieurs cas, on trouve plus de bulletins de votes rejetés que l’écart séparant le candidat élu et celui qui a terminé deuxième. Un véritable cauchemar démocratique. Un imbroglio sans nom.

Un autre parallèle sera tracé avec le Québec qui, lors du référendum de 1995, avait vu son nombre de bulletins de vote rejetés dépasser la norme habituellement observée.

Par contre, alors qu’en 1995, plus de 93% des Québécois étaient allés aux urnes, seulement un maigre 40% des Écossais ont cru bon d’aller voter. Comment cela est-il possible d’obtenir un si bas taux de participation à des élections où se profile un enjeu de cette importance? Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas non plus l’acharnement qu’ont les sociétés modernes à s’en remettre à des machines quand vient le temps de voter. Chaque emploi de ces machines est source d’histoires d’horreur : À Montréal, au Québec, en Floride… De plus, on ne connaît jamais les motivations de ces fabricants d’urnes électroniques.

Les Écossais se sont réveillés hier avec une sale gueule de bois. Pour une fois, elle n’est pas due à un trop-plein de Bowmore ou de bière brassée par Younger’s.

Ils ont élu une assemblée législative faible. Les nationalistes ont un siège d’avance (46 contre 45 sièges) sur les travaillistes, le parti sortant, et deux autres partis se partagent la balance du pouvoir avec 17 sièges pour les conservateurs et 16 sièges pour les libéraux démocrates. Trois autres sièges sont occupés par des tiers partis.

Huw Williams de la BBC tente d’expliquer ce qui a pu aller mal au cours de cette journée infernale.

Commentaires

Une Reponse a “Cafouillages écossais”

  1. Serge Baillargeon le mai 4th, 2007 22:07

    Au delà des irrégularités fréquentes lors des questions d’indépendance, je m’interroge sur les élections en Ecosse et le parallèle avec le Québec. Quelle est la motivation derrière ces élections? D’après ce que j’ai pu voir les discours récurrents justifiant l’indépendance ne sont pas fondamentalement culturels ou politiques, elles sont économiques. Ces écossaient ne veulent plus partager leur pétrole avec les citoyens du Royaume-Unis. La date de “soumission” de l’écosse en 1707 pour intégrer le marché du Commonwealth britannique était également une question d’économie. En quelques années l’écosse à augmenter sa richesse grâce au Royaume-Uni. Maintenant que le cycle de la mondialisation est fermement engagé, il ne serait plus utile d’être du Royaume-Uni, même les patrons le disent et subventionnent les partis indépendantistes. Je ne crois pas personnellement qu’un pays se base sur l’égoisme politique. En espérant que j’ai une vision biaisée de l’Ecosse et je tiens à m’excuser à l’avance pour mes compatriotes écossais qui liraient ce message plein de préjugés.

Vous avez quelque chose a dire?