L’abstentionnisme n’est pas un crime contre l’humanité



Ces dernières années ont été marquées par une hausse généralisée de l’abstentionnisme dans les pays occidentaux, enfin c’est ce que l’on veut souvent nous faire croire.

Au niveau national on observe parfois une légère baisse, mais c’est surtout aux élections régionales et municipales que le taux d’abstention se fait le plus marqué. Cela n’est pas une règle universelle, mais cela est constaté dans bon nombre de pays.

Qui sont les abstentionnistes ?

L’abstention peut avoir plusieurs visages. Elle exprime généralement une déconnexion entre le politique et certaines parties de la population. Cela peut-être du à des différences de valeurs, d’idéologie, à un mépris du système en place ou une non-confiance vis-à-vis du gouvernement en place.

L’abstention plus forte chez les jeunes et parmi la gauche

Chaque élection est unique et les abstentionnistes ne sont pas toujours d’une même classe sociale. Parfois, on constate un fort taux d’abstention parmi les artisans et d’autres fois parmi les ouvriers... ou les cadres supérieurs. Cependant, on observe certaines tendances stables comme l’abstention chez les jeunes adultes. Avec l’âge, l’abstention tend à diminuer pour remonter après 70 ans. On observe également un taux un peu plus élevé de l’abstention chez les gens aux valeurs de gauche.

Dans les pays où la démocratie est jeune, nous observons une réelle volonté des citoyens à se mobiliser lors des élections. Au contraire, dans les vieilles démocraties, cette volonté diminue.

Combattre l’abstention

Il y a chez les politiques une réelle volonté de combattre l’abstention considérant que cela peut nuire à leur élection ou à la légitimité du système. Les abstentionnistes ne sont pas dépourvus de logique. Bien souvent, ils ne votent pas pour des raisons qui les dépassent. Si l’abstention est si présente, ceux à blâmer ne sont pas les gens, mais bien les politiciens qui entretiennent un système dont les gens n’ont pas envie où n’en voient pas l’intérêt. L’examen de conscience doit donc être fait par les politiciens.

D’un côté nous avons les politiciens qui ne promettent rien et qui ne donnent pas espoir aux gens. De l’autre, ceux qui sont réputés de ne pas pouvoir tenir leurs promesses. Entres ces deux attitudes il y a des personnes qui vivent leur vie quotidienne et qui entretiennent un véritable mépris pour les classes dirigeantes. Et ce sont ces mêmes classes dirigeantes qui prétendent forcer les gens à voter ? La seule conséquence risque d’être – et avec raison – l’augmentation de la distance entre le politique et la population.

L’abstention comme acte citoyen ?

L’abstention comme acte citoyen est proposée par nombre d’organisations, notamment de gauche qui ne se retrouvent pas dans la démocratie représentative/parlementaire. Les taux d’abstention sont certes très suivis par les politiques et les médias, mais le fait est que le message sur les raisons de celle-ci passe très mal. Chacun utilise donc l’abstention à sa sauce.

De toutes façons, les abstentionnistes participent à notre société et ce de façon très active. L’acte politique est un moyen d’exprimer son point de vue, il est donc normal que ceux qui ne veulent pas s’exprimer à un moment donné pour une raison ou une autre soient entendues, d’où l’importance d’un vote blanc reconnu et appliqué pour réaffirmer le rôle de la démocratie. Ne nous trompons pas, le but de la démocratie n’est pas de légitimer le système en place, mais d’être à l’écoute de la société dans toutes ses formes.

Commentaires

8 Reponses a “L’abstentionnisme n’est pas un crime contre l’humanité”

  1. cyril divoul le avril 24th, 2007 16:41

    Effectivement, ce n’est pas un crime contre l’humanité. mais si on ne fait pas vivre la Démocratie, alors pourquoi continuer…

    Passons en Clérocratie, de cette manière, les gens ne devront plus aller voter… NON?

  2. Serge Baillargeon le avril 24th, 2007 19:10

    L’abstention est une partie intégrante de la démocratie. Si nos idées ne sont pas représentés par les politiciens, je ne vois pas pourquoi on devrait leur donner notre appui. Parce qu’il ne s’agit pas là de renier la démocratie, mais de donner un simple appui. Bref, mon texte résume bien ma pensé.

  3. cyril divoul le avril 24th, 2007 19:53

    Exact, l’abstention fait parti du jeu, mais on ne soit pas alors aller manifester et paraître outré lorsq’un événement du type du 21 avril 2002 se produit.
    OR qui a t on retrouvé en masse dans ces défilés??? Les abstentionistes…

  4. Anselot le septembre 7th, 2008 12:56

    L’abstention massive est le seul moyen de faire comprendre aux politiciens de quelque bord qu’ils soient que l’on adhère plus à leur combinaisons machiavéliques. Depuis plus de trente ans on entend toujours les mêmes discours et promesses. On n’entend parler que de réformes qui nous conduisent de mal en pis. Depuis le haut de l’échelle jusqu’au plus bas, le politicien élu devient aveugle et sourd, sauf à se valoriser eux mêmes. Le résultat est un appauvrissement général qui touche jusqu’aux classes moyennes. Cela suffit, frappons un grand coup par une abstention massive à toute élection même communal, car le système commence déjà à ce niveau.

  5. Virginie le septembre 8th, 2008 23:49

    L’abstention est hélas la seule alternative pour exprimer notre mécontentement face à l’incompétence et l’inefficacité très coûteuses de l’ensemble des personnalités politiques, de droite comme de gauche.
    Mais cette alternative reste également inefficace, car les politiques n’en tiennent pas compte, tant que la majorité continue d’en élire quand même.
    Alors je préconise d’enfoncer le clou plus loin encore que l’abstention, en faisant grève des impôts : Ne votons plus et mettons nos impôts sous séquestre, jusqu’à ce que tous les élus se plient à une obligation de résultat.

  6. Valentini le mars 16th, 2010 22:35

    Le mouvement lumpéniste du 21 mars dénonce le piège à cons du 14 mars

    La droite lumpéniste, la France des grasses vaches, a une façon étourdissante d’interpréter l’abstention record qui s’est exprimée le 14 mars, lors du premier tour des élections régionales. Ça ne compte pas, dit-elle, c’était un faux-départ! Les vraies élections auront lieu dimanche prochain! Et ces vraies élections seront, comme prévu par la loi, régionales, ou ne seront pas. Une victoire de l’opposition ne pouvant résulter, pour peu qu’on y réfléchisse, avec la solennité qui s’impose, en pareil cas, que d’une tentative médiatico-socialiste de déstabilisation du gouvernement, pas moins, et c’est très grave, pour la démocratie! Que la politique d’extrême rigueur réformatrice, menée à l’esbroufe, au nom d’une rupture clinquante, qui taille le modèle honni-béni français, en pièces, d’une part, et les manoeuvres électoralistes de dénigrement, à l’image de celles élaborées, lors du référendum de 2005, suite logique d’avril 2002, lui-même préparé, après la création de l’ump, par une intense campagne de propagande sécuritaire, sous la houlette d’une cinquième colonne médiatique, d’autre part, soient responsables de ce qui vient de se produire, est pure affabulation ou mieux théorie du complot. La politique, en France, se décide désormais, le matin même, au pied du lit. Si c’est du pied gauche, va pour l’ouverture! Si c’est du pied droit, en avant la bavure! On ne peut pas faire plus naturel.

    La droite lumpéniste vit manifestement déjà à l’heure d’une réforme annoncée qui prévoit, entre autre, la prochaine suppression du deuxième tour des élections régionales, nuisible, semble-t-il, en ce que ce mode tout à fait formel de scrutin, favorise l’imbroglio des tractations et surtout aide le multipartisme, l’apanage de tout système culturel arriéré, on le voit bien, partout dans le monde, à survivre, à la différence d’un honnête scrutin, grâce auquel, d’une part, l’imbroglio des tractations ne brouillera plus le jeu électoral, ce qui se passe après est une autre élection, et met fin à une exception qui n’a que trop duré, la représentation de toutes les sensibilités. Comme si la politique moderne résultait d’opinions médiatisées par des partis politiques! Trop d’offres politiques tue la politique. Cette grande idée positivement discriminante ouvrira, c’est clair, la possibilité d’un vrai choix: être pour ou contre le gouvernement. et comme l’opposition est l’opposition, à cause de son incapacité à soutenir l’action du gouvernement, de manière constructive, comme si la critique faisait avancer quoi que ce soit, la suppression de toute élection ne paraît pas totalement aberrante puisque le choix subsiste de suivre le gouvernement ou de le combattre. Mais la droite lumpéniste est-elle suffisamment lumpénisée, c’est-à-dire décomplexée, pour mettre en oeuvre ce que la démocratie d’opinion annonce depuis plus d’un demi-siècle?

    Cette démarche proprement futuriste, et donc forte de ses propres règles, qui combine une masse ahurie à un mouvement rapide d’exécution, -attention! tout ça n’a rien à voir avec la démagogie de type fasciste, la France n’est pas l’Italie-, explique, -personne ne dira le contraire!- le décalage constaté entre la sortie présidentielle, de crise, en 2007, moment inoubliable où la droite française a victorieusement rompu avec elle même, comme elle en a l’habitude, quand elle veut effacer des faits devenus gênants, en jurant, par exemple, de faire la peau à mai 68, et la crise économique de 2008, dont l’arrivée à contretemps n’est que le résultat d’une époque révolue, vis-à-vis de laquelle la droite lumpéniste décline toute responsabilité. Faut-il en conclure que les électeurs de 2007 comprendront les raisons de leur vote en faveur de la droite-venue-d’ailleurs, seulement en 2012, qui serait alors la vraie élection présidentielle, la précédente n’étant qu’un simulacre? Il semble bien que oui. Et donc, en attendant, la droite lumpéniste ne peut que remplir de son auguste présence le vide politique qui sépare ces deux dates, vide qu’on lui impute à tort, puisque sa politique à un mandat d’avance, ce mandat-ci, étant intermédiaire entre le tous-pourris d’avant 2007, qui plombe la bonne volonté gouvernementale et la liquidation définitive de mai 68, qui ouvrira en 2012, une ère de prospérité universelle française, nonpareille.

    Les choses sont cependant plus complexes. Ce n’est pas parce qu’il ne s’est rien passé le 14 mars que des élections n’ont pas eu lieu, comme on le voit en Île-de-France, symboliquement, la vraie France, où la droite lumpéniste a, ça ne se discute pas, sauf mauvaise foi, gagné les élections, en l’emportant sur le sortant socialiste qui après deux mandats consécutifs n’a pas pu faire mieux que d’être en seconde position et encore, faut-il le rappeler, en trichant, puisque les socialistes ont tenté de faire croire aux électeurs qu’il s’agissait d’élections destinées à sanctionner le gouvernement, chose qui n’ait absolument pas prévu par la constitution de la cinquième république, sinon il n’y aurait pas d’élections. Si la droite lumpéniste sait des choses que tout le monde ignore, c’est qu’étant en avance sur son temps, elle a déjà prévu que les choses se passeront tout autrement que tout le monde se l’imagine, dimanche prochain. N’est-on pas bien placé, en France, pour savoir qu’un quart d’heure avant sa mort, Coligny pouvait encore espérer qu’odeur de bonne bourgeoisie valait odeur de sainteté? Si maintenant par le hasard le plus extravagant, la liste sociale-soixanthuitarde l’emportait le 21 mars, cela irait à l’encontre du résultat déjà obtenu, ce dimanche 14 mars, c’est-à-dire attenterait à la victoire acquise dès le premier tour par madame-assise-sur-ses-fesses, tourmentée des pôv’ parigots en panne de bus luxueux. En un tel cas inimaginable, les électeurs abstentionnistes ont trop d’intelligence tactique pour se laisser berner par la tricherie écolo-communiste, la droite lumpéniste se demandera peut-être alors: que faire? Nous ne saurions lui conseiller que le coup d’état constitutionnel: l’annulation des fausses-élections. Comment? Ma foi! C’est assez simple. Il suffit de défiler dans la rue et autour de l’assemblée nationale, en gueulant: élections piège à cons! La boucle sera ainsi bouclé qui démontrera le caractère national-révolutionnaire de l’actuel état français. En cas d’échec, nul aujourd’hui ne meurt plus de ridicule. Et puis, au pire et au bout d’un certain temps, les Américains débarqueront et alors ça sera une nouvelle histoire qui commencera

  7. Axel le mai 24th, 2011 21:56

    Certaines personnes s’abstiennent car elles refusent le principe même de la démocratie et du suffrage universel.

  8. van eecke le juillet 16th, 2012 18:29

    le pouvoir n’existe qu’avec le consentement de ceux sur lesquels il s’exerce. Si ce consentement fait défaut, le pouvoir n’a pas lieu il perd prise. Car le colosse au pied d’argile tient ses pieds du seul assentiment du peuple exploité. Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libre (La Boétie).

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