Arrêtons de critiquer la répression

Ce qui m’insupporte assez fréquemment, à chaque sommet alter mondialiste notamment, ce sont tous les commentaires qui tournent autour d’une critique de la répression. Voilà pourquoi, je m’insurge.

Et oui, arrêtons de critiquer la répression, ça n’a aucun sens, à moins que l’on aime l’absurde. Non, je ne prône nullement l’acceptation des méthodes policières violentes et inhumaines. Ce contre quoi je m’insurge, c’est l’absurdité des déclarations, émanant des milieux de gauche, de vouloir se battre contre la répression.

La police, ou tout ce qui peut y être assimilé (gendarmes, CRS, et j’en passe et des meilleurs) a pour rôle de protéger la société et ses lois, pour être plus juste, l’Etat. Par conséquent, elle doit lutter contre tous mouvements de réformes profondes remettant en cause les grandes institutions ou révolutionnaires voire (réellement) subversifs. C’est de bonne guerre. Si j’étais président de la république, il me serait normal d’utiliser la police contre des manifestants encombrants, contestants mon pouvoir, voire le pouvoir.

On peut toujours se rappeler cette question qui fait fureur dans les cours de récréation : « Qui a commencé ? » Pour les policiers se sont toujours les manifestants, pour ces derniers les policiers. De quoi être bien avancé. A moins d’être un dogmatique (pardon un militant) convaincu, il n’y a pas de vérité absolue. Au risque de jouer le relativisme, cela dépend.

La police ne peut pas et ne pourra jamais aimer des gens qui s’opposent à elle. Alors pourquoi chercher une forme de « réconciliation » ? Si la police reste un adversaire, tant que les objectifs que ceux qui y sont opposé ne seront pas atteint, qu’est-ce que l’on cherche quand on critique la répression ?

Humaniser la police ? C’est-à-dire lui donner une apparence plus gentille ? C’est peut être les désirs de certains, mais pas le mien, et je ne dois pas être le seul. La fonction et la place de la police doivent être réévalués, ce qui ne signifie pas pour autant sa suppression. Il ne peut y avoir une pensée réformiste sur la police quand on fait partie des opposants.

Le second écueil est cette position pitoyable de victime. Accuser la répression, c’est sans doute valorisant, mais enfin, ça n’a aucun intérêt. Soyons fiers de nous-mêmes. Un anarchiste comme Jésus dit de Nazareth a dit « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche » (Evangiles selon Matthieu). Loin d’être une acceptation du pouvoir et une apologie de la passivité, Jésus veut montrer qu’il faut résister à la répression, par la provocation : ne pas se sentir touché par les affronts et narguer ses agresseurs. Au contraire critiquer la répression, c’est jouer à l’épuisement un rôle de martyr. Le Christianisme est tombé bien mal, quand il a commencé à célébrer des (faux) martyrs de la « répression » romaine. Toute la tradition révolutionnaire est tombée, de ce fait, à l’eau.

La victimisation est sœur de la surenchère, principalement gauchiste, de la répression populaire. Critiquer la répression est bon pour ceux qui ne connaissent pas les mécanismes subtils du pouvoir. Mais ici je laisse ma place à des plumes plus distinguées comme Michel Foucault, pour nous parler des « micro-pouvoirs » et tout le tralala… Etre gauchiste, c’est être contre la répression.

Et voilà ce qui est triste.






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